lundi 25 août 2014

Madurai # 2: fais dodo Shiva mon Grand Dieu, fais dodo

Re-Namasté les amis,


Après être allés au Temple ce matin, notre agence a prévu que nous y retournions le soir pour le coucher de Shiva. En effet, tous les soirs, Shiva est transporté de son autel vers celui de Minakshi, sa femme, afin que les deux Dieux puissent passer la nuit ensemble. 

Après un après-midi pluvieux, nous dînons donc plutôt tôt dans notre hôtel pour rejoindre le temple pour 21h.

J'avais constaté que, s'ils n'autorisent pas les appareils photos, étrangement les portables et notamment les smartphones le sont (les indiens semblent aussi dingues de leur Galaxy que nous).
On part donc au temple. On se retrouve à nouveau pied nus (cool, en plus il a plu...) et on rentre dans l'enceinte de nuit, non sans qu'Amandine ait du laisser sa lampe frontale (ben oui de nuit ici tu prends ta frontale, quelle question!) car les objets électroniques sont interdits dans le temple. Pourtant, étrangement, ils m'ont laissé mon téléphone. Et si j'ai mon téléphone, petits veinards, ça veut dire que vous aurez des photos du temple de nuit et même une vidéo.

Je m'attendais à l'horreur d'un monde à crever et de grosses flaques/mares d'eau de pluie à traverser. Il n'en est rien. L'ambiance dans le temple est plutôt paisible. En terme d'attrape-touristes, il y a cinq ou six italiens et nous. Le reste est composés d'hindous venus prier.

 Le temple compte des kms de couloirs comme celui-ci

 Vache vraiment sacrée

Dans ce temple, les statues de Dieux sont toutes habillées

On attend assez longtemps devant l'endroit d'où doit sortir Shiva... et on attend, on attend. A un moment des musiciens arrivent. On y croit, mais non, on attend encore. Je fais du coup plein de photos car je m'ennuie. 

 Détail du superbe plafond, malheureusement éclairé par des néons

 Un pilier


Cette vache semblait importante car tous se prosternait devant elle


Puis l'agitation arrive. Shiva, qui était dans une section du temple réservée aux hindous, arrive enfin. Le voila porté, sur un palanquin d'argent, par quarte prêtres costauds qui avancent au pas de course suivis par des musiciens qui eux aussi marchent à grandes enjambées. 

On essaye de suivre le palanquin

On les suit tant bien que mal en coupant les trajectoires. La foule n'est pas épaisse heureusement (une cinquantaine de personnes tout au plus).
A un moment, on arrivent devant une enceinte réservée aux hindous, devant laquelle le palanquin est posé sur une dalle au sol sculptée qui a été colorée à la craie. Là, deux prêtres rafraîchissent le Dieu en le ventilant, l'un avec une sorte de tambourin en velours, et l'autre avec une sorte de plumeau à plumes de paons. Les musiciens jouent pendant au moins une demi-heure tandis que les deux prêtres ne cessent de ventiler (faut être résistant des bras).

 Ils 'ventilent' le Dieu

Lui ça avait l'air d'être le Grand prêtre

Il était d'ailleurs ravi de poser pour moi

A un moment un vieux prêtre arrive avec une sorte de longue tige en argent a des plumes au bout et il tourne autour du Dieu puis s'en va après avoir été félicité par les autres prêtres (ça doit être un honneur de faire ça).
Le vieux prêtre avec ses plumes.

Ensuite, ils posent un socle en argent richement travaillé et l'entourent de guirlandes de fleurs de jasmin puis ils posent une pâte brune (de l'argile?) et recouvrent le tout de fleurs (serait-ce l'âme du Dieu?). Cela fait, ils amènent le palanquin (toujours au pas de course) et le socle dans la partie réservée aux hindous et on peut aisément penser que le Dieu rejoint son épouse pour faire un bon dodo. Et voila, c'est fini, il faut sortir du temple, ce qui pour nous veut dire slalomer entre les flaques d'eau pour aller de la porte Sud à la porte Nord où son nos chaussures (et le frontale d'Amandine si vous avez bien suivi)... ai-je mentionné que le temple est grand et que j'ai les pieds sensibles? :-).
Cette cérémonie a duré au moins 45 minutes. Elle est assez dingue, mais n'attire donc pas trop la foule.... D'un autre coté, ils font ça tous les soirs.

30 secondes de cérémonie 
(qui a duré plus de 45 mn en tout)


Assez étrangement, on n'a eu aucune hostilité des fidèles, qui au contraire nous montraient les bons angles pour faire des photos. Les prêtres également étaient ravis de poser pour nous.

Une fois la cérémonie achevée, nous avons récupéré nos chaussures (et la frontale) et sommes rentrés nous coucher également, non sans s'être copieusement et méticuleusement lavés les pieds! (puis Amandine les a aussi désinfectés à la lingette).

Force est de constater que notre coucher à été plus simple que celui de Shiva. Je suis personnellement déçu que personne n'ait jugé bon de m'amener vers ma couche en palanquin d'argent.
Bonne nuit. 

Arnaud pour A&A.

vendredi 22 août 2014

Zapping indien

Hello les amis (oui, oui, Namasté, je sais, ici on dit Namasté, pas hello),


Comme on n'a pas eu le droit de photographier dans le temple à Madurai, on est un peu frustrés de ne pas pouvoir partager avec vous les scènes observées dans ce temple qui donne l'impression que Notre Dame est une église de village tellement il est grand.



Un autre truc pour lequel on n'a pas d'images à partager avec vous c'est ce qu'on voit à la télévision. Pourtant c'est hyper pittoresque et intéressant (pour illustrer, je vais quand même vous mettre quelques photos qui n'ont rien à voir avec ce que je raconte).



Une ambassador. on en voit encore dans les rues.
 (elle est encore fabriquée et le modèle date du temps des anglais)


On a en gros 100 chaines. Petit zapping rien que pour vous:



- Une dizaine passent des clips de Bollywood. Ambiance mecs gominés et musclés, filles à la peau très blanche habillées hyper sexy et / ou en Sari (également sexy et pas du tout semblable à celles qu'on croise dans les rues). Les chorégraphies sont terribles et il y a plein de danseurs et de choristes. Of course, ils dansent dans des décors colorés et parfois exotiques (genre l'Europe),



- d'autres chaines passent des films. L'histoire est pleine de suspens. Elle est pauvre, il est riche. Vont-ils s'épouser (ici pas de problèmes de castes, de dote pour les filles, de bronzage.... eh oui, ils ont tous la peau blanche)?



- il y a des chaines d'info qui parlent de tas de trucs dont on n'a jamais entendu parlé (genre la crise de la dette des fermiers du Pumjab),


On vous rassure, ils avaient aussi du Nutella
et de la confiture Bonne Maman (si c'est vrai).

- il y a des chaines où des gourous s'expriment. Pour être un bon gourou il faut être vieux et si possible maigre. Parfois, les gourous sont des acteurs et là c'est énorme. Ils sont mal maquillés. On voit par exemple qu'il portent des fausses barbes et du fond de teint. Mais ici ça ne semble pas choquer. Evidemment, il y a un numéro de téléphone où on peut faire des dons depuis l'Inde, le Pakistan, mais aussi Doha, Dubaï, l’Australie... ça doit être ça la mondialisation,


Déjeuner en famille sur le quai de la gare.

- il y a des chaines de sport. Mis à part que je suis tombé sur "French Ligue 1" une fois (au fait, spéciale dédicace pour Xavier, on a vu un gars avec u maillot de l'OL ... avec des salaires de moins de 50€/mois ça ne devait pas être un réplica), il faut constater que les indiens ne se passionnent pas pour les mêmes sports que nous. En gros on en voit 2. Tout d'abord, comme les anglais sont passés par là,  le cricket qui semble hyper populaire et dont je ne comprends toujours pas les règles. Ensuite j'ai découvert un nouveau sport hyper exotique: chat (oui, comme chat perché). C'est à mourir de rire. Ça s'appelle officiellement Kabaddi (merci Wikipedia). C'est semble-t-il un sport professionnel. Il y a une équipe qui défend. Les joueurs doivent se tenir par la main quand le joueur adverse qui attaque doit les toucher sans se faire attraper. C'est violent, ça se joue dans des stades remplis avec des lasers des fumigènes et à priori ça se joue dans toute l’Asie du sud est. C'est assez lunaire à regarder. Surtout quand les 5 joueurs se tiennent par la main, comme s'il allaient faire la farandole à un mariage. Très exotique comme sport, mais spectaculaire. Quand ça fera un carton chez nous, vous pourrez frimer en disant "mon pote Arnaud m'en avait déjà parlé en 2014".




Ces dames brodaient des nappes
au sein de ce qui devait être un couvent 
mais qui était ouvert au public. 


- enfin il y a mon programme préféré: le télé achat. Il y a 3 types de biens à acheter. Tout d'abord les trucs improbables, à savoir aspirateur à cérumaine, purificateur d'eau, auto-cuiseur avec Tandoor incorporés. Ensuite il y a les vêtements: qui veut 9 sari pour non pas 10 000 rps, mais seulement 3 000, soit 70% de réduction par rapport au prix boutique (sachant qu'un bon tailleur doit pouvoir leur faire ça pour 500 rps, on se demande à qui ils vendent). 



Peut être qu'elle est cliente du télé achat, 
sait-on jamais.

Et pour finir les programmes que je peux regarder en boucle. La vente d'objet religieux. Il y a surtout "petit temple". C'est un truc en plastique injecté avec une médaille dessus. Et ce simple objet qui est décrit comme magnifique, apporte richesse (à son vendeur?), amour, joie et autres. On voit à 100 bornes que les types qui jouent les gourous avec leur fausse barbe sont des acteurs de Bollywood qui ont joués la veille le rôle de Sandjiiw qui a épousé la bonne et avant hier Ranjiww le méchant qui frappait la cuisinière. Mais rien n'y fait, à voir le nombre de diffusions, ils ont du en vendre des "petits temples". Dans le même genre, il y a le médaillon en plaqué or (24 carats) avec une boule de cristal qui apporte tout plein de trucs positifs pour 50€ soit le salaire mensuel quand même. Encore une fois, les produits peuvent s'acheter dans une bonne vingtaine de pays.

Ça c'est un cortège funèbre
plus en arrière plan la photo de la premier ministre de l'Etat
en visite à Madurai aujourd'hui.


Finalement TF1, c'est pas si nul (un peu quand même).

Arnaud pour A&A 

Madurai #2

Namasté, 

L'aventure du train indien s'est finalement très bien passée. Après avoir écrit mon poste, nous avons déjeuné, je suis allée faire pipi (toute une aventure aussi, c'est pourquoi je le mentionne...) puis j'ai fait une petite sieste. La clim n'était trop forte ni pas assez, parfait!
Malgré les 35min de retard au départ à Villupuram, nous sommes arrivés à l'heure à Madurai. Comme les noms des villes des arrêts n'étaient pas annoncés dans les wagons, nous étions sur le qui vive, prêts à sauter du train en marche avec tous nos bagages. Pas d'inquiétude, nous n'avons pas eu à le faire. Le représentant de notre agence nous attendait tout juste devant notre porte de sortie de wagon. Nous avons ensuite pris la route vers notre hôtel, à 5km du centre-ville, dans un havre de tranquillité, loin du bruit assourdissant de la ville, perché sur une colline. L'endroit est très grand avec un immense jardin d'arbres, de fleurs et de pelouses, avec piscine, centre ayurévique, centre de fitness et vue magnifique sur la ville. 



Des dizaines de paons se promènent en liberté dans le parc. La chambre est immense, un peu tristounette mais offre un petit jardin avec table et chaises pour profiter des 35°C ambiants... A notre arrivée, le jardin était occupé par 2 paons qui s'y baladaient tranquillement.




Nous sommes allés dîner au restaurant de l'hôtel avec une superbe vue sur la ville, ce que nous ne faisons jamais mais hier soir, pas de chauffeur et nous voulions nous coucher tôt. En plus, le Routard et le Lonely Planet nous le conseillaient en catégorie "chic à très chic". Tout est relatif, le dîner-buffet est à 750Roupies/pers. soit environ 10€.


Nous avons pu tester des tas de plats que nous ne connaissions pas et que nous n'osons pas commander au resto. Bon, faut quand même ne pas avoir l'estomac fragile, tout est plus ou moins épicé et il y avait uniquement de la nourriture indienne donc voilà voilà. Ok, ça a été quand même.

A 9h, nous avons quitté l'hôtel pour le Palais de Tirumalai Nayak: grandiose! Les photos parlent d'elles-mêmes.



Après ça, nous sommes allés au Temple de Sri Meenakshi, l'un des plus grands d'Inde. 


Comme toujours, nous avons dû laisser nos chaussures à l'entrée du temple, mais cette fois, c'était aussi chaussettes interdites (et appareil photos aussi d'ailleurs). Nous voilà donc pieds nus dans ce temple immense, véritable ville dans la ville, presque seuls occidentaux. Certains temples sont interdits aux non-hindouistes, nous n'avons donc pas pu tout voir. L'ensemble est très kitsch, comme toujours. Une 1ère enceinte loge les marchands du temple, vendeurs de toute sorte d'offrandes, mais aussi de bijoux, bibelots pour les touristes indiens ou non: là, ça grouille mais pas tant que ça. A l'approche des temples et des statues des divinités dont on ne se souvient jamais les noms (Shiva et Ganesh sont les principaux, comme d'habitude), là, ça grouille de grouille. Les hindous se prosternent littéralement devant les statues, font des tas d'offrandes, bref, ça vit!

Nous nous sommes pas mal perdus, comme toujours, tellement le site est grand. Le jeu est de retrouver l'endroit par lequel on est entré pour pouvoir sortir par la même et récupérer ses chaussures. En plus, dans notre cas, il s'est mis à pleuvoir des cordes (1ère pluie indienne!) dès que nous sommes sortis de l'enceinte. L'averse a été passagère, ouf !

Nous sommes allés déjeuner sur le toit d'un hôtel (quand il pleut, ce n'est pas une bonne idée) pour la vue sur le temple entier. Nous avons fini par déj dans une salle minable, avec toilettes archi-déguelasses (sales serait un mot trop faible), sans vue. Le repas, vraiment pas cher, environ 5€ pour 2 (y compris boissons et cheese nan), était très correct, dommage pour la vue. Nous avons quand même fini par la voir après la repas quand la pluie s'est arrêtée. 


Après le déj, nous avons voulu aller au musée Gandhi - fermé pour la journée - avons nous appris par le panneau affiché sur la grille. La vie en ville est entièrement chamboulée à cause de la visite de la Prime Minister (1er ministre de la région) à partir de ce soir. Des tas et des tas d'affiches annoncent son arrivée. Nous avons croisé des dizaines et des dizaines de bus bondés qui arrivaient en ville pour l'évènement. 
Nous sommes finalement revenus à l'hôtel pour nous reposer un peu. 
Ce soir, nous retournerons au temple de Sri Meenakshi. Chaque soir, vers 21h, la statue de Shiva est transportée jusque dans le sanctuaire de Meenakshi afin qu'ils passent la nuit ensemble. Faudrait pas manquer ça...
Demain, départ pour Munnar au Kerala, station climatique dans la vallée des thés.

Bizzzzz à tous.
A&A by Amandine

jeudi 21 août 2014

Indian Southern Railway: en direct du train

Namasté, 


Ce matin, nous avons petit-déjeuné de tartines de baguette, de croissants et d'escargots au chocolat, proposés de fait par notre hôtel. Quel exotisme quand on sait que les Indiens petit-déjeunent de samoussas salés et de lentilles ! Voilà, c'est aussi ça Pondichéry ! (le tout était très bon d'ailleurs).

Nos 2 grosses valises, nos 2 sacs à dos, notre panier à pique-nique et nous, avons pris la route vers Villupuram, où nous avons pris notre train vers Madurai.


Le train en Inde c'est toute une histoire. Je l'ai pris il y a 22 ans et ça a très peu changé. Le principe est simple: le train s'arrête en gare et ça se met à grouiller dans tous les sens. Des vendeurs de thé, de nourriture, ou autres (j'ai par exemple vu un vendeurs de sandales en cuir) s'affairent alors que les passagers descendent sur le quai pour faire leurs emplettes. Personne ne sait quand le train repart, mais au bout d'un moment (entre 2 mn et ... beaucoup plus) le train démarre tout doucement. Les passagers remontent à bord du train en marche (et pour les retardataires courent et s'agrippent aux rambardes pour s'y hisser).





Notre train a été annoncé avec près d'une heure de retard ce qui m'a largement laissé le temps d'explorer la gare.




En fait, après un moment, j'ai observé que les gens jettent tout plein de détritus sur le voie et que périodiquement des dames (sûrement intouchables) descendent sur le quai pour nettoyer. Ici, ils semblent trouver ça plus efficace que de mettre des poubelles. Enfin, chose rigolote, on a pu observer une manif de gars avec des drapeaux rouges. Ce qui est dingue c'est que le pays ayant beau être à des années lumières chez nous, on aurait dit des manifestants de la CGT. Comme on est en Inde du Sud, je me suis dit que Sud Rail devait avoir une antenne, mais notre chauffeur m'a appris que c'était des syndicalistes de l'industrie de l'eau (ouf, ça veut dire que notre train ne sera pas annulé pour cause de grève surprise).



Le train en lui même est hyper long et possèdent pleins de classes différentes dont la plupart sont non climatisées. Il y a en revanche une 3ème climatisée (sièges en bois!), une seconde et une première. Nous avons découvert que notre agence ne nous a pas pris une première mais s'est contentée d'une seconde climatisée. Il s'agit de wagon type train corail ou nous partageons une cabine pour 4 fermée par un rideau qui tient avec des velcros. De l'autre coté du couloir, il y a encore 2 couchettes posées l'une sur l'autre, elles aussi fermées par des rideaux. Coup de chance, le train était assez vide, donc Amandine et moi avons eu notre cabine pour nous 2. Chose étrange alors que le voyage se passe de jour, nous avons des couchettes avec draps (presque propres) et oreillers.




Enfin pour ceux que ça intéresse, les toilettes sont à la Turcs, pas si sales (quand même un peu) et ressemblent encore à ce qu'on trouvait dans les trains corails. Dernier détail, il y a de manière tout à fait incongrue un prise électrique dans notre cabine pour pouvoir brancher un PC ou un téléphone (mais pas un rasoir électrique ou une radio dixit l'affichette).

Bien évidemment, je n'ai pas, non sans une grande inquiétude d'Amandine, pu résister à descendre du train lors d'un arrêt pour prendre quelques photos et un massala thé (thé au lait et à la cardamone, qui, puisqu'il est bouilli, est garanti No Tourista). Comme je ne suis pas téméraire, je suis remonté bien avant le départ du train. Il m'en a coûté 8 rps, soit 10 cts. Enfin, alors qu'il y a 22 ans les tasses étaient en terre cuite (les indiens les cassaient au sol pour qu'elle ne puissent pas être réutilisées), maintenant le thé est servi dans des gobelets en carton biodégradable. Modernisme quand tu nous tiens!


Pour finir, nous avons mangé nos quiches et pizzas comme des bienheureux alors que nos comparions de voyages se nourrissaient eux de riz sauce curry disposés dans des feuilles de bananiers et mangé avec les doigts. Je crois qu'on sortait un peu du lot.
A&A par Arnaud (écrit du train, grâce à la prise électrique qui m'a assurée l'autonomie nécessaire :-)).

Pondichéry

Namasté,


C'est en direct du train entre Villupuram et Madurai que j'écris mon poste sur notre séjour à Pondichéry.



Après Auroville, toute une "expérience" donc, nous sommes arrivés hier à Pondichéry, comptoir français de 1673 (un militaire français l'ayant acheté au Sultan de Bijapur) à 1956, et fenêtre sur l'Orient pour le commerce. La présence française de jadis saute aux yeux dès les portes de la ville. Le képi y est encore de rigueur.

A cette époque, Pondichéry était séparée en "ville blanche" et "ville  noire" par un canal d'à peine une dizaine de mètres mais connu comme infranchissable. Vous l'aurez malheureusement deviné, la ville blanche était le quartier des Français et la ville noire celui des indigènes. Indigène est le mot utilisé dans tous les guides que nous avons: le Routard of Course, le Lonely Planet - le Routard anglais - et le guide bleue parce que qu'on se veut intello quand ça nous arrange (et parce qu'il y a des images!). C'est dire l'ambiance de l'époque... 
Aujourd'hui, Pondichéry est composée du quartier français, du quartier musulman et du quartier indien. Le canal existe toujours mais les rues le traversant sont nombreuses.
Le quartier français est très reconnaissable: déjà, c'est celui qui dispose de l'ouverture sur l'océan, tant qu'à faire... et le nom des rues sont en français : rue Dumas, rue Saint Louis, rue de la Marine, rue Suffren, rue François Martin, rue de la Cathédrale. 



Bah oui, rue de la Cathédrale! Conséquence de la présence française, Pondichéry est l'une des villes d'Inde à avoir sa Basilique. Elle compte également quelques églises. Nous avons d'ailleurs assisté à une partie de la messe, par hasard - en Hindi bien sûr - à l'Eglise-du-Sacré-Coeur-de-Jésus. Tous ces lieux de cultes catholiques sont extrêmement bien conservés, très bien entretenus mais aussi bien kitsch - ambiance néon et joueur d'orgue-synthétiseur chantant (hurlant) au micro en direct. 







Nombreuses sont les maisons coloniales, en plus ou moins bon état mais avec un charme indéniable. 






Il nous a été très agréable de nous y promener entre la Place du Gouverneur, le parc Bharati qui lui fait face, l'Alliance Française, le lycée français, la Chambre de Commerce, la maison des Travaux Publiques, l'Ambassade de France (peut-être la plus belle maison coloniale de Pondi, face à la mer, tant qu'à faire...) et les maisons coloniales aux façades blanches, jaunes ou roses. Le quartier est très vert, entre les arbres et les fleurs, les plantes vertes aussi, en pot de terre cuite, placées sur les trottoirs, qui, comme les routes, sont entièrement pavés dans ce quartier de la ville.

L'ambassade de France à Pondichéry


Les commentaires que nous avions entendu sur Pondichéry étaient loin d'être élogieux. Pourtant, nous avons trouvé à cette ville un charme fou.
Nous avons également visité le Musée de Pondichéry (en 10 min à peine), à l'intérêt limité, sorte de bric à brac de pièces de monnaie, de poteries d'époques diverses et variées ainsi que quelques meubles et bibleots datant de l'époque coloniale, tout ça dans une ambiance poussiéreuse.
Suite à notre expérience aurovillienne, nous avons visité l'Ashram de Sri Aurobindo (l'illuminé, compagnon de la Mère). L'endroit est zen en effet, le tombeau de la Mère, en marbre blanc recouvert de fleurs, trône au milieu du jardin fleuri. Silence de rigueur, respect aussi. Sa Lumière ne nous a toujours pas atteinte...
Nous avons passé notre tour pour la visite d'un Nième temple consacré à Ganesh, d'un kitsch toujours retentissant. Vous pourrez apercevoir sur les photos que le commerce en face de ce temple est axé sur les offrandes, essentiellement composées de fleurs fraîches (ici beaucoup de fleurs de lotus), ce qui rend l'ensemble finalement plutôt joli.





Nous avons été logés dans un très bel hôtel, au centre du quartier français, à deux pas de tout. Il a été entièrement restauré il y a peu mais les chambres ont gardé un charme certain.



Nous avons déjeuné dans un resto très sympa qui proposait des steaks. Oui oui, des steaks de bœuf (ou de buffle) en Inde! En fait, comme il y a une communauté catholique, nous supposons que les restrictions alimentaires sont moins importantes à Pondichéry. Certain ne s'est pas fait prier pour manger une bonne (quoique) viande rouge et à remis ça avec un cheeseburger le soir même. Il est évident qu'une autre occasion pareille ne se représentera pas en Inde. L'autre routarde du groupe a mangé végétarien.
Comme nous savions que nous passerons la journée d'aujourd'hui dans le train, nous sommes allés à la recherche de quoi remplir notre panier à pique-nique (ok, notre sac à dos en fait). Notre bon vieux Routard et notre Lonely Planet préféré ont été cette fois d'accord pour nous conseiller une boulangerie chic dans le quartier indien. Après quelques minutes de tuk-tuk à peine, nous sommes arrivés dans une pâtisserie remplie d'éclairs, de millefeuilles, de babas au Rhum, de croissants, de chaussons aux pommes, d'escargots au chocolat et même de hallah et de kouglofs! La propriétaire parlait un français parfait. En effet, quelques 8000 habitants de Pondichéry parlent encore couramment notre langue. 
Nous avons rempli notre panier à pique-nique de quiches et de parts de pizzas, de biscuits sablés et de canettes de Coca light. Très local tout ça... En même temps, on n'a pas très envie d'être malade dans le train. On a une excuse... donc on a le droit.
Après le dîner, comme de nombreux habitants de la ville, nous sommes allés nous promener sur le bord de mer, un petit goût de la Promenade des Anglais niçoise. Ici, pas de plage mais des rochers sur plage donc la promenade se fait sur la route, fermée à la circulation à partir de 18h, pour permettre à tout le monde d'en profiter. On peut y trouver une statue du Père de la Nation, Gandhi ainsi qu'un monument aux morts de la guerre 14-18 avec la statue d'un poilu, un tantinet décalé en Inde, quoique.





Pondichéry aura donc été une belle surprise pour nous. Nous y avons cependant beaucoup, mais vraiment beaucoup transpiré. Contrairement au Rajasthan où il faisait très chaud aussi mais couvert tout le temps, il y a ici un soleil de plomb toute la journée.
La ville nous a paru bien plus propre que celles visitées il y a 2 ans, le Sud de l'Inde en général pour l'instant.

Bizzzz à tous.
A&A by Amandine